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 rain song ϟ hara

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MessageSujet: rain song ϟ hara   Lun 31 Juil - 0:03
rain song

featuring. moon hara

Il y avait un silence affreux.
Un silence silencieux. Aucune brise d’air pour siffler dans les oreilles, aucun oiseau pour chanter dans un écho, aucun battement de cœur étranger. Rien que le silence d’un lieu un peu trop loin du reste. Même si c’était un peu terrible pour une personne qui détestait la solitude, c’était quelque chose de bien tout de même. D’apaisant, de relaxant. De Différent. Mais de relativement stressant tout de même.

De là où elle était assise, on pouvait voir en se retournant l'arbre du pendu qui nourrissait tant de rumeurs. Mais elle, elle gardait ses yeux rivés sur le monde devant elle. En tailleur, sur la rambarde Coco s’en sentirait presque puissante. Chose étrange pour une personne aussi volatile, elle souriait face à sa domination géographique. D’ici, tout était petit devant elle, et pour une fois, elle, elle ne l’était pas. Il y avait un peu plus d’assurance aux coins de ses yeux, un peu plus de volonté dans l’odeur de ses cheveux. Là haut, son hypothétique domination sur le monde semblait presque légitime.

Pour une fois elle n’avait pas à trembler face à un futur un peu trop menaçant ou un vide de plus en plus grandissant. Elle n’avait pas à se demander ce qu'il adviendra de demain non plus. Pour une fois elle n’avait pas peur de voir une ombre derrière elle. Elle n’avait pas à courir entre deux lieux parce que comme ça on croise moins de personne qui veulent vous faire du mal. On passe à côté aussi des sourires radieux, mais c’est le prix pour être libre et sauf, pour encore quelques minutes.

Il y avait un silence affreux.
C’était tout calme – en réalité plus pour longtemps. Une averse qui balayait la capitale coréenne , mais Coco l’ignorait. Elle se contentait d’admirer sa splendeur éphémère. Sa pauvre puissance futile. Elle en aurait presque éclaté de rire. Mais, comme souvent, elle se contenta de sourire innocemment en inspirant une grande bouffée d’air.
Mais quelque chose la déstabilisa. Un bruit de porte qui claque.

Le silence affreux avait été rompu.
Elle ne se retourna pas. Elle avait le désir de s'embourber quelques minutes encore dans cette bulle de confort. Un moment suspendu qui pour une fois n'avait rien d'artificiel. C'était assez rare pour être souligné. Stoppée dans son action, elle tentait d’entendre un indice, mais rien ne se laissa deviner. Alors, descendant de son perchoir, elle se retourna, pour prendre la mine sceptique de celle qui s'attendait à tout sauf à ça.

▬ Moon.

Hara avait brisée l'affreux silence. Pour instaurer une atmosphère toute à fait étranger. A se fixer en chien de faïence, sans savoir s'il fallait se faire la guerre ou établir une trêve. Alors Coco, elle reprenait place contre sa rambarde, croisant les bras.

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Elle avait un goût de toi.
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MessageSujet: Re: rain song ϟ hara   Lun 31 Juil - 20:54
rain song

featuring. hogan coco


tenue + Dans ses noirs iris s’épandait le reflet vague des cieux anthracites. Comme des perles grises, ils se muaient de lumières et de ténèbres au grès du mouvement. Une fois, les nuages dévoilaient la face blanche d’un ciel impassible, aveuglant toute rétine surprenant la danse volatile…une fois, comme des doigts s’entrecroisant, ils se chevauchaient, formant cette couche opaque qui cachait toute lueur solaire. Et ils semblaient si près, prêts à plonger dans le corps de Hara, s’infiltrer dans ses veines et pulser leur morne mousseline dans son sang gelé. Tout son être l’était. Marchant d’un pas rapide, elle souhaitait rejoindre au plus vite son dortoir afin de s’épargner les troubles d’un temps incertain. Elle avait été en sécurité, là-bas, le front contre ses avant-bras pliés sur la table, dans une bibliothèque dont les formes s’estompaient avec l’ombrageux tableau présenté par les fenêtres. Les lampes s’étaient alors allumées trompant les sens de la Moon à penser que l’hiver avait descendu sa couverture sur la Corée. Habituellement, à cette heure-ci, le jour était assez suffisant…le velours rougeoyant du soleil saignant les murs. Elle ne sut véritablement combien de minutes après, on lui pria de partir annonçant une soudaine tempête qui allait s’abattre. Plongée dans la torpeur languissante qui régnait en son cerveau embrumé, elle n’avait pas sentie tout de suite la sollicitation de la bibliothécaire laissant ses mains ranger mécaniquement ses affaires, portant quelques-uns de ses livres sous son bras. Non elle n’avait pas sentie non plus l’inquiétude dans le ton de la vieille dame…celui qu’elle avait employé en la voyant partir sans même tenter de se couvrir, vêtue d’une simple robe. Elle n’avait pas remarqué son regard, cet intérêt soudain qu’elle portait pour une élève parmi tant d’autres. Celle-ci même qui déambulait sans cesse entre les rayons de son royaume érudit, le crâne balancé vers le sol, les pieds trainant une carcasse pourtant si jeune pour avoir cette apparence désuète. Des corps qui ont mené trop de batailles, ont récolté trop de cicatrices, ont vidé toute leur énergie. Des corps qui avaient trop vécu. Puis, un bouquin en sa possession, elle allait s’asseoir lentement, avec ces habituels gestes automatiques, et le feuilletait, piquant seulement quelques mots. Lorsqu’elle ne regardait pas les pages défiler sous ses yeux éteints, elle les postait à la fenêtre et attendait…attendait, la bibliothécaire ne savait quoi. Elle attendait simplement, puis s’en allait lorsqu’elle fermait. Parfois la retrouvait-elle somnolente à sa table, ses croquis mélangés, jamais terminés, laissés en suspens sur les pans d’une jupe ou l’encolure d’un pull. C’était un rituel. Toujours le même. Madame la bibliothécaire ne connaissait rien de la jeune Moon, pas même son nom ou son prénom…elle ne connaissait que cette silhouette filigrane qui hantait le lieu. Elle n’avait jamais cherché non plus à la connaitre, mais en cette soirée, elle aurait aimé la retenir et lui dire de prendre le thé avec elle, en attendant que la pluie se calme un peu.
Le vent jouant avec ses cheveux, défigurant ses traits, s’écrasait de tout son poids contre elle, la repoussant parfois dans des virages étroits ou des sentiers serrés. Hara ne s’intéressait pas véritablement à la météo, elle ne laissait la télévision allumée que pour couvrir le terrible silence. Elle laissait les mots flotter, dans un brouhaha incompréhensible pendant qu’elle se laquait les ongles ou regardait les photographies d’un magazine people. Et en cet instant même, elle se maudissait bien de ne prêter aucune attention à des informations importantes pour n’importe quel adulte. N’était-ce pas ce que l’on faisait ? Lorsqu’on devenait adulte, ne regardait-on pas les informations du soir pour se tenir au courant de l’actualité, parce que ça importait ? Ne regardait-on pas la météo, parce que ça importait ? Ne lisait-on pas le journal du matin, parce que ça importait ? Elle aurait voulu tuer son désintérêt complet pour des choses aussi « importantes ». Peut-être aurait-elle alors retrouvé le meurtre dans la chronique des affaires criminelles ? Un sourire flasha sur ses lèvres à cette pensée pour le moins imbibée de sarcasme. Pourtant il s’estompa rapidement lorsque, brutalement, une averse explosa contre les parois de son être. La pluie ruisselait si fortement et rapidement qu’elle fut toute trempée en une poignée de minutes et ce, malgré la minable protection qu’elle s’était créé avec les livres au-dessus de sa tête. Courant au plus vite au premier bâtiment qu’elle rencontra sur son chemin, elle ne put s’empêcher de lancer des jurons, dans des messes basses et inintelligibles, à l’encontre de la destinée. « Merde » murmura-t-elle, refermant avec vigueur la porte derrière elle. « C’est une blague… » continua-t-elle d’un seul souffle, en s’apercevant que les croquis qu’elle devait rendre pour le lendemain matin n’avaient eux aussi pas été épargnés. Balançant tout parterre, elle s’accroupit rapidement afin de visualiser les dégâts. « Non non non non… » c’était inenvisageable de les rendre ainsi. Le noir du crayon avait formé un halo autour de la transparence qu’avaient laissé les gouttes d’eau. Les figures n’étaient plus minces…leurs traits s’étaient déformés, ils avaient grossis, ils étaient difformes, horripilant. Ils étaient inexistants sur certains…de même pour les vêtements. Elle aurait voulu tout brûler et voir la fatalité être réduite en cendres…voir son échec s’évaporer en une grosse fumée grise et l’étouffer, elle, de son chaos. Elle aurait voulu crier de rage, retenant son grognement, et peut-être même pleurer…elle aurait voulu revenir en arrière. Elle aurait voulu tant de choses. Tant de choses sauf ça : « Moon ». Relevant ses yeux vers la voix étrangement familière, elle croisa le faciès de Coco. Tant d’insultes se proliférèrent à la surface de son esprit…pas toutes concernant la jeune femme, mais plusieurs avaient apparus pour la situation. Humiliant. C’était le mot : humiliant. Elle, à genoux, comme une pauvresse, littéralement tremblante de froid et qui semblait s’être débattue avec l’hydre dans son antre liquéfié. Et l’autre, l’air malin, les bras croisés, au-dessus contre cette rambarde. C’était minable, et Coco allait le lui faire remarquer, ou le sentait bien à quel point tout ça était ironique. Dans d’autres circonstances, Hara elle-même aurait ri de cela…si elle n’était pas à la place de la misérable. « Bonsoir Hogan. » lança-t-elle simplement, la quittant des yeux pour se concentrer à nouveaux sur ses travaux qu’elle ramassait avec empressement. Se relevant alors, les papiers et livres contre pressés contre sa poitrine, elle regarda de nouveau sa compagne tempétueuse. « Je ne savais pas que tu étais là, rares sont les personnes à venir ici. » une observation ridicule qu’elle avait fait pour combler le silence. Hara pouvait être traitée d’hypocrite. Il était vrai…Ses phrases suggérées une conversation banale lorsque tous les atomes de son corps vibraient de médisance. Elle se méfiait de la jeune femme farouche, pour une raison qu’elle ignorait. Ca s’était établi comme une rivière, laissant le poison ruisseler dans ses artères, s’imbiber de sa chair progressivement. « Ne te dérange pas pour moi, je t’en prie, continue ton business, […] » elle se déplaça sur le côté cherchant une chose pouvant contenir à la fois son sac, et sa fatigue à elle. « […] navrée de faire irruption. » Déposant ses affaires sur une espèce de grande boite, elle lui tourna le dos et commença à déranger ses biens. « Seulement, s’il y a quelqu’un avec toi là-haut, veuillez ne faire aucun bruit. » tournant seulement son visage, elle lui lança un sourire feignant la bienveillance. « Mh ? »

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MessageSujet: Re: rain song ϟ hara   Mar 1 Aoû - 0:44
rain song

featuring. moon hara

Coco, the bg, la petite française.
Coco a plus de couches de peinture qu'un Rembrandt. Beaucoup se contentent de juger son comportement quotidiennement haut en couleurs et irrationnel, mais il y a tellement plus. Ce sont les différents niveaux de lecture qu'elle a à offrir qui faisaient tout son intérêt. Et qui, accessoirement, expliquent ses lubies. Coco est bonne Coco echaîne les coups d'un soir, mais Coco n'est pas une pute. Contrairement à d'autres, Coco, elle fait l'amour. C'est comme une remède à elle-même, un besoin vital, chez elle. Jude est un besoin. Une bouteille d'oxygène. Il faut maintenant la regarder couler, privée de son air, sombrer peu à peu dans les profondeurs alors que les dernières bulles crèvent dans son oesophage, s'échappent finalement et ne laissent que l'étouffant, monstrueux néant. Allez Hara, dis le.

▬ Salope.

Néanmoins, se redressant avec une raideur dans la nuque, douce et amère fatigue de ne rien faire, sa deuxième conclusion fut que ça ne risquait pas d'arriver présentement. Mais elle se leva, héroïquement, petite conne rachitique plus si pâle, laissant à sa place le paquet qui n'aurait rien arrangé à la flagrance plus si fraîche de son palais. Elle avait urgemment besoin de prendre l'air. L'obscurité d'un observatoire, c'en devenait étouffant. Ses fines mains fouillèrent avec lenteur dans le tas d'affaire, bien trop odorantes quoi qu'accommodantes, vestige de sa session de sport, cherchant son paquet de cigarettes. Elles se dévisagent un instant. Hara. Hara. Hara. Il y a quelque chose chez ell qui agace, un je-ne-sais-quoi qui donne la gerbe, par tout ce qu'il existe en elle d'égoïste ou de corrompu. Comme une impression de déjà-vu. Comme si ce sourire carnassier qu'elle distingue à peine était trop familier. La même démence, la même essence. Un haut le cœur la prend aux tripes quand elle réalise. Le parfum capiteux, pernicieux, qui sature l'atmosphère, ce savant mélange de rage, de vengeance, ou de cauchemar. Vous n'êtes pas si différents, Coco. Une nouvelle bouffée de haine.

▬ C'est ce que tu veux dire sans poser de mot dessus.

Ton pernicieux et persifleur, de la puanteur égocentrique en mélodie, du Coco Elvira Hogan à l'état pur et sauvage. Tout ce qu'il ne fallait pas pour améliorer l'humeur de Hara; Un vague regret soudain, alors que la tignasse de jais s'approche, tandis qu'elle susurre quelques sarcasmes moqueurs, sous un rictus acerbe. Et il y a ces doigts trop fins qui montent jusqu'à ses lèvres, qui coince le précieux bâtonnet, pour l'embraser d'une pression de son briquet. Salope. Les coins de sa bouche tressaillent sous un vicieux sourire. Au-delà de cette prétention, il y a quelque chose. Qu'est-ce qui ne va pas Hara? On sait bien que la meilleure défense est l'attaque. Alors dis moi chérie, tu attaques pour quoi au juste? Est ce vraiment raisonnable de lui faire la guerre alors que mademoiselle n'a même pas encore prit les armes?

▬ Alors permet moi de parler en toute franchise petite souris.

Petit sourire en coin, sarcastique. Coco. La connasse. Comprends tu maintenant ? Notre charmante furie peut provoquer assez de colère et de dispute pour que le peuple d'Haneul comprenne le fléau qu’elle représente. Une peste. La Peste. Simple et efficace. Peu de finesse, mais toujours d’une redoutable efficacité. Car il faudrait bien quelqu’un pour rappeler à tous ces crétins leur idiotie perpétuelle. Et Coco se serait tout naturellement désignée pour accomplir cette lourde tache. Que voulez-vous, sa gentillesse la perdrait. Ou tout du moins, l'aurait-elle fait avant. Maintenant, le monde ne lui paraissait plus si bête. Maintenant, son arrogance avait laissée place à quelque chose d'autres. Un mal latent, incandescent.

▬ Qu'est ce que tu cherches exactement?

A sortir les crocs, trempée jusqu'aux os. A enfiler ce manteau beaucoup trop lourd pour tes frêles épaules. Celui de la princesse. Intouchable, impénétrable. Penses tu qu'il suffit de quelques sous entendus insultant pour la faire frémir? Penses tu qu'en crachant ton venin, tu auras soudainement l'air plus digne, plus maligne? Qu'est ce que tu cherches Hara. C'est ce que mademoiselle demandait, tapotant de la pointe de son ongle le cul de sa cigarette pour en éjecter les cendres.

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Elle avait un goût de toi.
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MessageSujet: Re: rain song ϟ hara   Mar 1 Aoû - 20:33
rain song

featuring. hogan coco


tenue + Il y avait une couronne épineuse transperçant la peau de Hara, le sang ruisselant le long de son visage impassible. La douleur elle-même s’engourdissait dans la monotonie de son océan…il n’y avait qu’un ciel tempétueux tonitruant des injures à l’égard du monde entier…il n’y avait que ce ciel qui explosait en des néons violets et argentés, laissant l’eau danser lentement…Rien n’annonçait un déchaînement, jamais. C’était une terrible quiétude qui s’emparait de ses nuits, de son sein, de sa bouche…cette même statue de marbre dont parfois, sous les flashs vifs d’évènements, des veines d’émotions venaient en serpenter la surface. Un sang-froid quasi-perpétuel envers ceux qui lui en voulaient pour une raison ou une autre. Ca n’était qu’avec ce visage-là qu’on l’appelait véritablement Moon Hara, qu’on la reconnaissait comme telle et non comme le personnage de la « cool girl ». Par le biais de grincements et d’une mécanique complexe, elle ajustait alors toujours ses traits, pour paraitre la plus bienveillante, la plus vivante possible lorsque la mort courait avec frénésie dans ses artères. Mais face à Coco, malgré son sourire feignant l’attention et l’amabilité, il n’y avait dans ses yeux que l’extinction de braises déjà bien trop faibles. Elle n’avait aucune envie de jouer avec la Hogan. Ça pouvait bien l’amuser à elle, mais elle avait trouvé en Hara un adversaire de taille par sa diplomatie. C’était un trait important pour toute Yeowang, et il était clair que la maitrise de soi était le domaine de la jeune coréenne. « Salope. » ce fut comme un électrochoc faisant disloquer sa colonne vertébrale, griffant sa chair et électrifiant ses nerfs. Comment osait-elle parler de la sorte lorsque Hara n’avait pas même tentée d’être offensante. Elle était bien trop occupée à chercher un moyen de rattraper ses lamentables dessins. Pourtant elle ne put s’empêcher de se retourner et de lancer un regard offensé à son interlocutrice. « Je te demande pardon ? » Et elle détestait ça, la langueur dont faisait preuve la jeune femme à prendre une cigarette et tirer dessus. A faire sortir cette fumée grisâtre qui lui bouffait le visage et la rendait plus impétueuse encore, les traits à moitié effacés, à moitiés grossis et embrumés comme ceux de ses croquis. L’odeur glissa jusqu’aux narines de Hara, titillant sa propre envie…le vertige dans lequel se laissait tomber la française était bien trop tentateur. La Moon aurait voulu être aussi insouciante, lever ses cornes de diablesse à n’importe quelle heure pour seulement voir le monde brûler sous ses talons hauts. Mais la Moon n’avait jamais eu la force ni la foi d’être aussi dégénérée…elle n’avait pas le temps de prier de faux dieux, les siens étaient cruels et n’attendaient rien pour écraser son cœur. Elle la voyait, là-haut, comme Lucifer aurait pu être au ciel, la brume enroulant ses vices autour de sa silhouette…et Hara le savait, un rictus retenu, qu’elle tomberait, les ailes brûlés, construisant un enfer pour les dépravés de sa sorte. Quelle soit maitresse d’un lieu si elle le souhaitait, elle ne serait jamais au-dessus de la Moon, et qu’elle se saigne dans des guerres sans noms pour y tenter. « C'est ce que tu veux dire sans poser de mot dessus. » haussement d’un sourcil, l’air étrangement amusé, voilà tout ce que ses dires lui arrachèrent de vivant sur son faciès. Se pensait-elle médium à présent ? Il fallait dire qu’avec toutes ses liqueurs et ses substances illicites, le poison de l’illusion aurait très bien pu embrouiller sa pauvre tête hagarde. La pauvre Hogan ne connaissait-elle donc pas les positions de Hara quant à la sexualité ? La sienne était plutôt sujette aux rumeurs aussi, comment aurait-elle pu se permettre de juger une autre ? Bien sûr qu’elle l’aurait pu, évidemment, dans son immense hypocrisie, cependant si cela impliquait des trahisons et des dénouements dramatiques pour les personnes concernées. Sinon, ça n’avait aucun intérêt. Metteuse en scène experte, Hara avait un goût prononcé pour le tragique, les histoires qu’elle orchestrait avaient ce parfum de larmes et de détresse. Des gorges élancées vers le ciel, des mains liées ensemble, un sacrifice humain manœuvré pour calmer l’appétit déviant de la fatalité. Et le restant des années d’étude détruit pour les pauvres gens, elle applaudissait son génie artistique baissant le rideau sur la scène finale, l’apothéose, où enfin les secrets explosent au grand jour, projetant leurs missiles sur le cœur de toute la foule. Elle souhaitait l’excentricité, le faste et le grandiose, ses yeux aux courbes baroques, ses lèvres aux lignes romantiques coexistant dans un plaisir cueilli sur le lit de la tristesse. Oh non, elle ne manipulait jamais les innocents, seulement les tricheurs qui se pensaient plus grands que le jeu auquel ils s’étaient investis. Les autres qui tentaient de la couper n’étaient que gratifiés des épines de la rose. « Alors permet moi de parler en toute franchise petite souris. » roulant des yeux, elle décida qu’il était inutile de répliquer avec véhémence aussi se retourna-t-elle pour retrouver l’embarrât de ses travaux et l’agacement réel que cela lui procurait. Elle ne répondit qu’un petit « Mhmh, si tu le dis si bien Hogan. » l’esprit déjà ébouillanté par la recherche du matériel qui lui était nécessaire pour réparer les erreurs de l’intempérie. Si elle voulait se traiter elle-même de "salope", qu'elle s'en donnait à cœur joie, qui était Hara pour s'y opposer ? « Qu'est ce que tu cherches exactement? » Elle ne comprenait pas véritablement pourquoi Coco continuait à user de sa si précieuse salive pour sa personne. Pourquoi était-elle aussi obsédée par elle pour la haïr autant ? Parfois tentait-elle de se mettre à sa place, dans ses bottes défoncées et ses jeans délavés, retraçant avec malice la vie qu’elle aurait pu avoir. Une mère droguée expliquerait son envie perpétuelle de se faire remarquer, ou peut-être un père absent…une sœur suicidaire envelopperait son esprit de ce stupide héroïsme dont elle pensait faire preuve, ou un frère en clinique…mais ça c’était son cas à elle. Il fallait lui créer une existence délabrée pour expliquer son cas psychologique…Hara ne s’intéressait pas véritablement à la psychologie, tout ce qu’elle voulait, elle, c’était un récit phénoménal, digne d’un bouquin. Un brin de bovarysme dans les raccords de son cerveau, la folie d’une prisonnière d’une vie qu’elle ne comprenait pas elle-même. Fallait-il seulement qu’elle s’évade en empruntant la peau d’une autre. Et pour un certain garçon, avait-elle été une fois cette Coco, le chewing-gum rose s’emmêlant à sa langue et entourant son index, la veste en cuir couvrant sa peau de nacre, les cheveux défaits et vagabondant au gré du vent. Seulement fallait-il entendre ce surnom « cool girl » qui la faisait tant rêver. Car la cool girl avait tout ce qu’elle souhaitait. « C’est-à-dire ? » marmonna-t-elle, ses doigts fouillant dans son sac à la recherche d’outils de modiste. « Sois plus précise dans tes propos. » attrapant de sa main sa trousse, elle déchanta vite en y voyant le chaos qui y régnait. Hara était du genre…bordélique, il était vrai ; elle ne prêtait attention qu’à certaines choses dont ses précieux appareils photographiques, vinyles, et cassettes filmographiques. Le reste s’entassait dans sa chambre ou sous son crâne sans catégorisation quelconque. « Là actuellement je suis à la recherche d’une gomme et d’un crayon bien taillé. » car parmi ce tas, il n’y avait que des grossiers à première vue. Cependant en fouillant plus attentivement, elle dénicha l’arme parfaite pour régler la quasi-totalité de ses problèmes…l’autre partie étant derrière son dos en train de fumer allègrement. « Oh tu veux peut-être dire ce que je fais ici, non ? » dit-elle finalement, se retournant un sourire satisfait perçant ses joues de fossettes. « Si tu sortais un peu de ta bulle, tu remarquerai peut-être qu’il pleut. » elle leva son index vers le plafond, les yeux écarquillés vers un ciel imaginaire. « Et pas une petite pluie, non, un déluge, c’est pour ça que j’ai trouvé refuge ici. » elle finit en claquant ses mains contre ses hanches, comme si tout était logique et que l’on pouvait facilement deviner ça. A vrai dire, elle n’avait pas besoin de se justifier réellement, mais si ça pouvait occuper la Hogan le temps de quelques minutes ça l’arrangerait. Il lui fallait surement une muselière à celle-là, mais les mots étaient une méthode plus doucereuse. « Ca répond à ta question ? » son ton était enjoué, presque trop innocent alors qu’elle s’adressait à une personne qui ne lui inspirait rien de bon et de sincère. Tout en elle transpirait la perturbatrice qui attendait que l’attention se porte sur elle en frappant des pieds et grognant bien fort, « attention seeker » ou « attention whore » comme l’appellerait Moon selon ses humeurs.
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MessageSujet: Re: rain song ϟ hara   Mar 1 Aoû - 22:19
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Coco, elle a toujours aimé regarder les gens droit dans les yeux pour voir lequel des deux baissera sa garde en premier. On dit que ce n'est pas poli. On dit que ça déstabilise. On dit que ces regards là, on quelque chose qui tue. Mais madame n'est pas suffisamment puissante pour flinguer quelqu'un d'une oeillade. Mais ciel, qu'elle aimerait pouvoir le faire. Elle aimerait pouvoir tuer en un regard. Elle aimerait pouvoir crever les globes oculaires de l'humain pour ne plus avoir à supporter l'avidité dans leurs yeux... Cela doit faire plus d'une vie qu'elle a apprit à la reconnaitre. Une vie qu'elle l'a regardé vraiment. Une vie que son ombre l'asservit. L'avidité, elle avait apprit à en déceler l'éclat. Elle avait apprit à en lire les caprices sur l'agilité d'une langue, dans les promesses d'un regard. Elle l'avait goûté. Qu'elle soit sexuelle ou affective, amicale ou monétaire. Elle avait embrasser les coeurs avides, les avaient déchiré à coup d'amour, de morsures au goût de folie. L'avidité était, après tout, ce feu coulant dans ses vaines, les ricochets de la démence battant dans ses tempes. Coco savait reconnaitre une femme avide. Il lui suffisait de se regarder dans une glace pour le voir.

▬ De bien longues phrases dans une si petite bouche.

Coco.
Un sourire, amusé, comme elle savait si bien les façonnés car après tous, celle qui savait distillés mille émotions dans un rictus, c'est bien elle, et doucement elle envoie son paquet de cigarette à la demoiselle Moon, les lèvres tendu vers la lune, la fumée opaque soufflée en un soupire lassé. Finalement, elle aurait aimé se trouver en d'autres lieux, se hisser vers d'autres hémisphères, s'abandonner aux plaisirs orphelins, songe d'une nuit qui s'achèverait trop vite le lendemain.
Coco et son regard mutin.
Coco et son attention qui ne décroit.  

Mademoiselle prenait son temps. Elle détaillait la silhouette de la pointe de ses iris, la déshabillait du regard. Oh qu'elle aimait les voir, ces femmes un peu trop légère, un peu trop comme elle. Celle qui avait la démarche chaloupé et le regard trop appuyé. Ces femmes un peu vulgaires qui jamais ne pourrait se départir de cette nuance dans leurs gestes, cette inflexion dans leur voix. Celles qui n'étaient pas nées riches mais quelconque. Celle qui toujours semblait pouvoir vous arracher la gorge pour peux qui vous vous y abandonniez une seconde. Sa voix se perdit dans un rire. Oh oui, il y avait quelque chose dans ce balancement du bassin qu'elle reconnaitrait en mille. Une sensation diffuse qui s'infiltrait jusque dans ses os. Coco, elle est la louve qui vous regarde avec un sourire en coin. Elle est celle qui vous tourmente encore, même après que l'ayez oubliée. Celle qui semble toujours exprimer quelque chose même en conservant ses lèvres closes. Elle est la manipulatrice qui parvient à vous faire entrer dans son jeu lorsque vous n'en avez pas envie. Elle est celle qui laisse son regard glisser sur Hara comme une vague et qui coince l'américaine entre ses lèvres, une rencontre parmi tant d'autre.  Est ce que tu faisais partit de ces femmes là Moon? Ces femmes  aux crocs trop long pour se contenter de servir une hypothétique reine aux boucles sombres?

▬ Tu devrais te détendre ma grande.

Et cette façon de parler comme si tout, toujours, lui appartenait. Cette manie d'entortiller une mèche de cheveux autour de son index et de fredonner lorsqu'il y avait un silence. Coco et sa manière de passer par dessus les convenances, la politesse ou la bienséance. Elle glissa sa main sur sa nuque avant de croiser ses chevilles. Elle avait la lascivité routinière et l'irrévérence au bord des cils. Face à cette femme qui sans doute voudrait lui faire boire la tasse dans ses obsidiennes. Heureusement, mademoiselle Hogan avait toujours sur nager.

▬ Ou alors tu ne fumes pas? Ce serait affreusement classique.

Oui Coco, elle s'y retrouvait dans le jeu des roses. C'était ces mêmes guerres lasses qu'elle avait entretenu en d'autres temps, en de tout autre lieu. Dans ces vieux bâtiments français où rumeurs et humiliations passaient de langue en langue au gré de leurs accusation. L'orphelinat était un endroit horrible à première vue, mais à première vue seulement. Coco y avait décelée une forme d'initiation, un apprentissage dans sa vie de jeune adulte, de petite catin de la capitale. Elle avait apprit à se foutre de tout. Des regards hautains comme des fausses gentillesses, de cette politesse de petites premières et surtout de ces regards condescendant qu'elle recevait à longueur de temps. Personne n'était infaillible, ceux qui avait tout à perdre encore plus que les autres. Et sans doute Hara avait-elle énormément à perdre. Avec son nom en couverture des magazines, avec tout ce prestige qui incessamment englobait sa famille. Moon, c'était un patronyme poétique après tout. Lunaire. Astrale, presque divin. A l'image de sa maternelle, une figure de légende qu'on respectait même au delà des océans.

▬ Enfin, ça te regarde.

Ni insulte ni franche hostilité, tout juste une vague condescendance de chaton mouillé. Elle s'était attendu à beaucoup de chose, mais pas à cette offensive si peu révoltante. Et ce qu'elle avait eut avant l'irruption de la petite brune - la paix- était bien trop précieux pour s'écrouler pour si peu. Alors peut être qu'Hara avait raison, peut être que cette femme là, tout embourbé de son écran de fumé et de son attention moqueuse n'était rien de plus que cela - une connasse détestable. Peut être également, mais c'était moins probable, qu'il y avait quelque chose d'autres à voir chez cette petite blonde. Mais là n'était pas le propos, n'est ce pas Hara?

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MessageSujet: Re: rain song ϟ hara   Jeu 3 Aoû - 0:37
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tenue + Les os enfantant le pire des poisons, le sang venait récupérer son dû et étancher la soif de tous ses membres. Ce venin terrible marqué du sceau d’une fatalité absurde dont elle ne pouvait se détacher. C’était ainsi…la mort coulait dans ses artères, c’était un ruisseau créé par la mère, celle qui reposait en son cœur les cadavres de ses amants. Elle ne pouvait s’échapper, fuir l’horizon embrumé qui se rapprochait sans cesse, tordant son esprit pour en extraire les pensées les plus néfastes. Celles qui polluaient, comme un gaz toxique, l’atmosphère sous son crâne opalin…elle souhaitait parfois le briser, et en éparpiller les morceaux un peu partout dans le monde. Qu’une part d’elle repose, comme une graine, dans chacune des terres que ses yeux n’avaient pu découvrir…et qu’une fleur pousse de ses restes décomposés, afin qu’elle puisse vivre encore un tout petit peu sous les rayons mielleux du soleil. Qu’une roseraie se manifeste de ses poumons et qu’elle s’occupe de la faire respirer, elle qui étouffait dans son corps si étroit. C’était un cercle vicieux, le serpent qui se mordait la queue et s’étranglait…à chaque pas en arrière, l’horizon avançait langoureusement…On lui avait dit que c’était l’angoisse originelle, celle de perte, on lui avait expliqué son mal, ces personnes qui ne connaissaient rien d’elle si ce n’est ses récits embrouillés. Ceux qu’elle ne sortait plus jamais du fond de ses viscères depuis qu’elle s’était asphyxiée, les mots coincés dans sa gorge, devant ces mêmes personnes aux visages impassibles. Elle les avait détaillé, dans son carnet, dessinant de syllabes leurs gestes, leurs traits, ils faisaient partis d’elle en quelque-sorte. Siégeant dans la masse aveugle qu’était sa raison, ondoyant leurs dires troublants lorsque la nuit tombait. C’était des interdits, des explications tonitruantes, des conflits…et elle, Hara, la petite Moon, perdait l’attention dans des jeux furieux contre l’univers entier…contre son propre être. Elle souhaitait s’étendre, toucher de ses mains le ciel et effacer les étoiles qui ne l’éclairaient plus…se venger contre ces astres qui ricanaient à la gueule de ses tourments. La coréenne avait peur…peur parfois de perdre l’équilibre se maintenant sur des flutes de champagne et des boites de médicaments, de vriller dans la gueule du monstre logeant dans sa chair. Ce trou noir qui absorbait tout sur son passage. Et elle pleurait, les nuits, elle entendait l’océan s’écraser contre ses parois, toquer à ses yeux pour qu’on lui ouvre la voie vers l’extérieur. Elle demandait de l’aide, les poings serrés sur son drap…Mais son Jésus était sous cocaïne et merdait chacune de ses prières. « De bien longues phrases dans une si petite bouche. » ce commentaire fit froncer les sourcils de Hara. Balançant son crayon entre son index et son pouce, elle le sentait s’écraser contre sa cuisse, mordant sa peau avec violence…elle pouvait se sentir rougir sous cette robe trempée, les veines s’échauffant, rebondissant les unes contre les autres. C’était une combustion automatique, elle s’efforçait de se mettre en feu pour consumer tout sentiment pouvant onduler sous ses pores…Il fallait embraser ses émotions, il fallait se figer dans ce sourire glacé, ce regard de marbre…Un incendie qui s’annonçait toutes les nuits, dans le creux de sa poitrine, et il n’y avait personne pour l’arrêter…la chaleur léchant son entièreté, la faisant suer à grosses perles tant l’anxiété chevauchait les flammes. « Ne pose pas de questions la prochaine fois. » pourquoi s’efforçait-elle encore de la calculer…elle ne faisait pas partie de son monde, ça n’était qu’un fantôme transperçant ses murs, passant, dans une brise de chuchotements hagards, les pièces dans lesquelles elle s’invitait. Hantant les lieux, comme une légende urbaine mâchée dans la bouche de gamins frivoles, on l’évitait souvent, l’appréciait parfois, l’effaçait toujours. Jamais n’avait-elle pu véritablement capter un regard sincère, si ce n’est la haine foudroyant leurs iris…elle n’était pas sa mère, et cela ne cessait de la détruire. Cette ombre poussant son cœur à la renverse, le faisant tomber dans son estomac…elle pensait parfois le recracher, le vomir dans les toilettes alors que ses doigts se plantaient dans le fond de sa gorge. Et peut-être qu’au fond c’était ce qu’elle cherchait : non pas la minceur et une taille 34 que l’on adulait dans les magazines, mais la disparition complète de ce battant pourri. Rongé par les vers de son passé. Le corps se débarrassait naturellement de ce qui lui était nuisible, et Hara était persuadée que son organe dysfonctionnel allait la mener à la folie. Elle en était intimement convaincue : elle deviendrait folle.
Faisant tomber ses outils pour rattraper le paquet que la française lui lança, elle se devinait profondément pathétique. Il était vrai, qu’elle aurait pu en rire…de cette fille aux cheveux plaqués contre son visage, de ses vêtements gorgés d’eau, maladroite à se laisser déboussoler par un simple lancé. Oui, Hara aurait fait partie de ces personnes à en ricaner, pas par méchanceté mais par ironie du sort. Parfois se disait-elle qu’elle était la mieux placée pour en savoir un rayon dessus. « Tu devrais te détendre ma grande. » Moon, un nom qui faisait rêver, décrochant sa place parmi le ciel constellé. Une richesse grossissante d’année en année, de mariage en mariage, de décès en décès, de fausses larmes en fausses larmes. Une silhouette maintenue au-delà de l’idéal, avec toujours ce gosier qui pouvait dévorer tout ce qu’il souhaitait. Et pourtant…papa était mort. Tué par maman. Maman était une charogne. Dévorant tous les cœurs, captivant tous les yeux. Le frère était dans un établissement médical. Attendant de se faire laver de ses péchés. La fille, petite dernière, vomissait pour mieux s’aimer, s’engourdissait de médicaments pour moins sentir. Et puis oui, c’était drôle, alors cette seule pensée lui arracha un sourire en coin amusé noyant le désespoir qui régnait au bord de ses lippes rosées. Sortant une cigarette du paquet aux dires de la Hogan, elle fouilla rapidement dans son sac pour l’allumer, la coinçant entre ses lèvres. « C’est sympathique, merci. » reposant le briquer sur la caisse derrière elle, elle se baissa alors pour ramasser son crayon et sa gomme. Qui est-ce qu’elle trompait encore ? Il était évident qu’elle n’avait aucune envie d’arranger ses croquis…qu’elle se fichait bien de la note qu’elle pouvait récolter, elle avait l’argent pour la supprimer et le charme pour mentir à la gueule des professeurs. « Je veux dire de ta part, ça n’est pas commun. » laissant la fumée grisâtre avaler son expression lasse, elle reprit sur un ton monotone « Tu fais dans la charité maintenant ? » Elle ne put réprimander son sourire sarcastique, c’était naturel…bien sûr que la situation était d’un humour quasi-noir…gris. L’adversaire prenant le prétendu dessus sur celle sur laquelle les démons avaient pariés. Coco était bonne, et Hara le savait. Elle n’avait surement rien du chien enragé qu’elle prétendait être en sa compagnie. C’est pour ça que les anges l’avaient plutôt choisi à elle…elle devait être les grecs et elle Troie, et ce paquet, son cheval. « Tu devrais changer de marque, moyennes si tu veux mon avis. » s’adossant à la caisse, la Moon continua de se voiler de brume toxique. Semblable à une jeune et pure mariée, elle paraissait être prête à se faire baiser par la mort tant tout son attitude projetait des éclats lugubres. La mort et la jeune fille, n’était-ce pas le fantasme absolu ? « Et toi, tu fais quoi là ? » la cendre glissa doucement à ses pieds dans une dernière luminescence.

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MessageSujet: Re: rain song ϟ hara   Jeu 3 Aoû - 2:27
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La fumée de la cigarette était âpre et opaque. Contre son appui, Coco observait l'enfant attentive. Ça lui arrivait souvent, ces derniers temps, fumer seule, calée dans un coin, comme angoissée et habitée. Coco n'ignore pas les foisons de rumeurs dont elle est l'objet. Certaines, complètement farfelues le feraient presque rire. D'autres, narquoises, pernicieux ragots aux accents de vérité colportés par quelques jaloux entachent sa réputation ; elle n'y prête pas plus d'attention pour autant. En revanche, ce sont les racontars des hommes flétries par ses caresses, brisées par son égoïsme, émergeant enfin des bas fonds qui l'inquiètent. On raconte, suppose, imagine tant de chose au sujet de la jeune femme. On l'affuble des lauriers de la vertu, le couvre d'éloges de beauté et d'honneur, quand on n'énumère pas ses liasses de défauts, l'accuse de moult coups pendables, souligne l'horreur de ses vices. Pourtant, Coco vaut tellement plus que ça. Ce n'est pas seulement l'irrésistible petite monarque du haut de sa tour, le monstre merveilleusement abject qui meurtrit les coeurs, ou la nouvelle riche ingrate qui déclame des salves d'obscénités. Derrière sa carapace grossière, Coco dissimule quelques vestiges ébréchés de douceur et de finesse. Sa mythomanie par exemple.

Il n'y a qu'une personne qui ait un jour fréquenté ces Coco-là ; la petite fille qu'elle fut autrefois, la femme qu'elle est aujourd'hui. Quelqu'un qui soit allé l'explorer jusqu'à l'âme. Jusqu'à ce que la porte ne s'ouvre sur une connaissance. Elle a son prénom sur les lèvres. Galvanisée par l'adrénaline, elle ne l'a pas entendu débarquer. Elle étire ses lèvres. L'oeil critique de Coco glisse sur la silhouette féline. Pourtant, elle la contemple un moment, cloîtré dans un silence moqueur. Elle lève les yeux vers le ciel, et lâche un profond soupir. Exhale un nuage de fumée opaque, robe d'agonie aux volutes fragiles.

▬ J'oubliais que tu étais une mendiante à la recherche d'un âme charitable.

Ah Hara, il y a des moments où tu te flagelles toute seule.
L'étincelle dans sa pupille s'embrase. Dans un soubresaut paresseux, brusquement secoué par la curiosité, elle s'enroule sur le bout de sa langue. La fleur de ses sourires éclôt une énième fois, fragrance éternelle parée de ces milliers de pétales avant de s'étirer, gracile presque, allumeuse sûrement. La louve se fait curieuse - l'attention caressante. Elle aurait put en dire tellement plus - en dirait sûrement bien encore. Elle était Coco, et elle savait les murmures qui résonnaient comme des bruits de couloirs après son passage. Elle connaissait les remarques qui accompagnait chaque regard, chaque visage. Elle était Coco, et il était naturelle que les cieux eux même disposent entre ses mains leurs biens divins. Et là, elle était comblée. Le destin lui avait offert une nouvelle curiosité.  Hara jolie et ses affreuses mimiques, Hara jolie et ses parjures de riches. Hara jolie dont rien ne sonnait juste, même les sourires. Hara jolie qui, elle en était persuadé, avait bien plus sur les épaules que ce que le commun des mortels pouvait pensé.

▬ Je ne m'attache à aucune marque particulière.
Alors estimes toi malchanceuse d'être tomber sur celles ci aujourd'hui. Mais merci quand même du conseil.


Peut-être bien que oui. Peut-être aussi que cette chose là, le malheur, lui était bien trop familière pour qu'elle ait attendu cette petite piqure de rappel pour s'en satisfaire.
Coco éclata d'un rire amusé. Quoi qu'elle en dise, il y avait quelque chose chez Hara qui vous agrippait le regard. Un petit tout, un petit rien, qui donnait envie d'y gouter mine de rien. Peut-être était ce dissimulé dans le velours de sa voix, la chaleur de son regard. Ou alors était-ce là, dans la chute des reins. Ou ici, sur la rondeur d'une cuisse. Hara était une femme qu'on regardait en prenant plaisir à le faire. Un diamant brute. Un qui vous donnait envie de mordre à la source vive de son plaisir. D'y boire à grandes gorgés saccadés, comme un assoiffé. Coco n'en sourit que d'avantage. Oui elle était belle Hara. Presque autant qu'elle pouvait être garce.

▬ Je cherchais la paix.

La paix.
Un battement d'aile de papillon qui toujours, inévitablement, finissait par devenir tempête. La paix. C'était les yeux de Coco, c'était ses lèvres, ses reins, ses seins, ses longs doigt fins et ce bâton d'ivoire qu'elle finissait inévitablement par imbibé de carmin. Coco qui à terme finissait toujours par devenir chaos. A devenir un bordel. A avoir l'esprit bordel, le corps bordel, les mots bordels et les sentiments bordels. Coco était la paix. Elle était cette denrée éphémère qui sans cesse se réinventait. Ce rire en continuité dont on ne pouvait jamais prédire l'apogée. Coco était cette petite chose qui jamais ne durait. La paix, elle venait la cueillir dans les silences opacifiés de leurs corps abandonnés, la tissait aujourd'hui encore dans la chaleur des gémissements et l'ivresse étourdissantes de leurs peaux brûlantes. La paix était à Coco cette entité artificiel qu'elle avait apprit à fabriquer au fil des années à partir de tout ce que la morale s'était employée à censuré. L'argent, le pouvoir, l'amour libertin, l'alcool, la drogue, le sexe. Coco était la paix excessive. La paix décadente qu'on viendrait trouver aux coeurs des hécatombes. Si un jour la bible avait désirée condamnée Lilith, elle aurait tout aussi bien put prévenir l'apparition d'un nouveau vice.
Coco et sa paix fragile.

▬ Enfin, avant que tu n'arrives.

Son battement d'aile de papillon personnel, celle qui vint déchainer les bourrasques de son univers et en secouer les cendres tièdes. Hara. Elle était toujours là où mademoiselle ne la désirait pas. Pouvait-elle seulement trouver une toile dont elle ne viendrait pas entacher le paysage? Coco en doutait. Peut être même que ce n'était pas ce qu'elle désirait. Tout avait besoin d'exister après tout. Les insectes comme les contrariétés, les dominantes comme les chatons trempés. Hara méritait de vivre dans les limites de sa sphère. Coco n'était simplement pas contrainte de l'admettre.

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Elle avait un goût de toi.
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MessageSujet: Re: rain song ϟ hara   Jeu 3 Aoû - 21:28
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tenue + La pluie toquait par moment aux parois de l’observatoire…Hara appréciait son chant tranquille, fulgurant et violent à la fois en vérité mais la quiétude du lieu embaumait tous les sons d’une atmosphère plus étrange et mystique. C’était comme un dédoublement d’univers. Dehors, là-bas, avait-elle laissé la tempête déchiqueter son corps, tirant sur ses vêtements et ses chevilles la faisant dévier de chemin de temps à autre. De chaudes gouttes ruisselaient encore sur son visage. Il y avait la réminiscence d’une route brutale sur ses chaussures boueuses. C’était les pluies chaudes d’été auxquelles, secrètement, s’identifiait-elle. Abrupt, le ciel s’écoulait sur toutes les épaules les engorgeant de son poids. Féroce, il rugissait de multiples tonnerres, explosant les iris d’éclairs violets et argentés. Des artères illuminant le gris des nuages…ses yeux à elle qui étaient embrasés sous l’épaisse couche de fumée sortant d’entre ses lippes pâles. L’eau avait délavé les couleurs de son visage, doucement, tendrement comme une caresse sincère et amicale…c’était bien trop lourd pour elle, toute cette vie qu’elle s’insufflait dans des fards à joues et des rouges à lèvres. Ça n’était pas pour son minois fatigué. Devant son adversaire, Hara était dénudée de tout artifice, vêtue du simple souvenir de la pluie. A l’intérieur, ici, il y avait la fraîcheur des endroits quasi-abandonnés, hantés par les brises de l’extérieur, elle s’y laissait pousser, comme une mauvaise plante, laissant ses sourires narquois éclore les uns après les autres. « J'oubliais que tu étais une mendiante à la recherche d'un âme charitable. » à ces paroles, la jeune coréenne fit rouler ses orbites…peut-être arriverait-elle à les retourner et voir à l’intérieur de son être si c’était la vérité. S’il n’y avait qu’un creux, qu’un abysse profond, dépourvu de fantômes et d’émotions pour le gorger de cette mysticité dont parlait Coco. Elle se demanda cette dernière en avait une…si lorsqu’elle fermait les yeux, devant l’écran opaque de ses paupières se dessinaient autre chose que le perpétuel duel entre ses rêveries candides et ses âpres démons. S’il y avait quelque-chose qu’elle pouvait encore trainer derrière elle après la mort, loin de cette chair en constante putréfaction qui n’attendait que de frapper son propre dos. De s’abandonner, embrassant ses propres lèvres de ce baiser traitre. Judas et Jésus à la fois, s’affligeant des mensonges et les portant à la fois. Hara aurait voulu y voir autre chose : des images engourdies de sentiments, drainés de toute pensée néfaste…elle aurait voulu y retrouver les moments de ses anniversaires, les rires de son enfance, les caresses de sa maternelle. Elle n’y voyait que les flashs lugubres des appareils, que les pleurs et cris de son frère aîné, que les vêtements noirs pendant à son cou comme la plus dévouée des amantes. Alors s’inventait-elle des mémoires…des endroits où elle pouvait retrouver un semblant de paix. Des histoires illusionnistes, des personnes qu’elle n’était pas…elle façonnait cela, avec un rictus triomphant sur la vie. Hara jouait bien trop souvent avec cette dernière. Dans un jeu d’échec sans cesse, elle plaçait aléatoirement ses pions par pure provocation attendant de descendre son propre roi et se couronner à la place. Elle buvait trop dans les soirées, ayant frôlé bien des fois les comas dans des rires mesquins. Elle dépendait trop des médicaments qui lui apprenaient à ressentir en douceur. Elle ne se nourrissait pas correctement, ou si elle le faisait, ça n’était que pour qu’on la remarque « hé regardez, je mange un hamburger et de maxi frites » que je vais aller vomir juste après était la partie que l’on taisait. C’était un jeu lugubre, funeste, une roulette russe contre le reflet de son miroir, contre une existence dans laquelle elle ne se reconnaissait pas. Etait-ce bien elle ? Cette chose frêle déambulant dans sa chambre solitaire chaque nuit. Cette chose épuisée qui dormait dans la bibliothèque, le front contre la table. Cette chose dépressive qui « oubliait » depuis maintenant dix ans de reprendre rendez-vous avec le psychologue pour en voir où en était les mécanismes de son esprit. La vérité était qu’elle n’en avait que foutre de ça, les rouages étaient usés de toute manière. Alors elle les remplaçait elle-même…en devenant d’autres personnages. D’autres filles, d’autres femmes…elle était ainsi, intemporelle. La femme universelle, tantôt gamine-fée, tantôt fatale hérésie. Il était plus facile de faire semblant que de guérir, ça ne nécessitait pas d’efforts, elle le faisait naturellement. « Je ne m'attache à aucune marque particulière. Alors estimes toi malchanceuse d'être tomber sur celles ci aujourd'hui. Mais merci quand même du conseil. » elle soupira simplement, un petit conseil et elle trouvait toujours le moyen de se la ramener. De faire son intéressante, sa malicieuse…Le bâtonnet réchauffant la pointe de ses doigts, elle le sentait mordre sa chair au fur et à mesure qu’elle y exerçait une pression. Pour se réchauffer surement, ou brûler sa frustration. La cendre se déversait à ses pieds, déroulant ses derniers jais de lumières, c’était comme si elle avait une vie à part…sa propre vie avant de ne s’évanouir au sol, s’écrasant lamentablement. Cette seule pensée su ramener un sourire à Hara, c’était tellement ironique. Tellement véridique. On ne brillait qu’un instant seulement, il fallait toujours se préparer à la chute. Portant la cigarette à sa bouche, elle en extirpa le poison une nouvelle fois avant de le rejeter…n’est-ce pas Coco ? Tout le monde tombait. « Je cherchais la paix. » elle se retint de rire, la clope pendant à sa gueule. Ça aussi c’était assez ironique, la créatrice du chaos qui cherchait un peu de paix. « Enfin, avant que tu n'arrives. » cette fois-ci, elle se permit le ricanement d’un sarcasme qui lui était propre et terrible. « Et bien, comme je te l’ai dit précédemment, tu es libre de m’ignorer. » retirant sa nicotine d’entre ses lèvres et la jetant à terre pour l’écraser, elle se retourna de nouveaux vers ses dessins. Plus elle les regardait, plus ils étaient horribles…elle aurait voulu les faire valser à la gueule du monde, qu’il se rende compte de ce qu’il venait de faire. Détruire son travail, sur lequel elle avait déversé des traits, de la concentration et de l’attention. Bien sûr qu’elle s’en fichait pas mal au fond d’elle, elle savait qu’elle aurait toujours une place dans le monde de la mode dû à son nom prestigieux. Mais Hara…Hara ne voulait pas et voulait à la fois cette simplicité. C’était tellement facile pour tous de lui répéter qu’elle était surement la favorite des professeurs tant ils s’exclamaient de vive voix à chacune de ses phrases, seulement parce qu’elle portait la signature de sa mère dans ses gestes…dans le plus profond de sa personne. Elle avait éclot en elle…  « D’ailleurs, je te le conseille vivement. Je risque d’être fortement désagréable. » et prenant déjà un pas d’avance sur ce qu’aurait pu rétorquer Coco, elle lui lança un regard par-dessus son épaule. « Je veux dire plus que d’habitude. »
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MessageSujet: Re: rain song ϟ hara   Ven 4 Aoû - 1:00
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Coco, elle aurait presque put l'esquisser du bout des lèvres:
Peut-être bien que t'es de ces femmes là Hara. Celles qui courent. Elles courent, elles courent,  mais rien n’arrive à les rattraper. C’est peut-être ton destin, c’est peut-être ta punition ou c’est simplement que tu n’y connaît rien. Hara voulait faire les choses bien. Hara voulait devenir la meilleure, sera la meilleure, restera la meilleure. Un jour, peut être. C'était tout du moins le rêve qu'elle caressait. Mais elle n’en savait rien. Parce qu’elle n’avait pas la force de s’imposer, elle ne pouvait rien faire de bien, même après avoir essayée. Pourtant elle n’a jamais abandonné. Oui, elle se souvient qu’elle avait promis de faire de son mieux. Et elle ne pouvait pas abandonner si facilement, alors qu’elle s’était promise de se venger. Mademoiselle décida donc de prendre les choses en main et de partir à la quête de l'exception qu'il lui fallait. Et t’avais cette impression, parfois, que le monde était figé, qu’il ne tournait plus vraiment, et que tu étais tout seule à avancer. Pas que t’aies vraiment progressé; au contraire, t’étais jamais allée bien loin. T’avais juste ce sentiment de marcher dans un monde vide, sans nulle part où aller. Tu t’étais perdue en route, t’avais perdu de vue le chemin, la destination. Tu tournais en rond, Hara. Mais dans le noir, il te semblait bien avoir trouver un phare. Une lumière à laquelle te raccrocher en espérant ne pas finir brûlée, écorchée, écartelée, fracassée contre les récifs. Coco, elle serait ton rempart contre l'ennuie. Coco, elle serait ton rêve, ton objectif, ton idéal. Elle serait ton soleil et tu deviendrais Icare. Et le pire serait sans doute que tu aimerais ça.
Enfin, tout ceci tenait bien plus d'un énième fantasme mégalomane.

▬ Difficile à faire. Maintenant tu empestes le chat mouillé.

Elle s'amuse, cette petite blonde. Mais elle n'allait pas dire à cette chère Hara: Je vais te faire la guerre. Elle exagère, Coco, elle se fout du monde, la princesse. Elle qui n'est jamais à personne qu'au monde entier, elle qui se donne sans rien garder, sans rien avoir même à la base, elle qui prend puis qui s'ennuie, puis qui jette puis qui s'en va, puis qui veut et qui reprend, elle qui se croit si maline et si jolie, elle qui ne veut rien d'autre que tout, tout simplement. Elle, elle en aurait des choses à dire sur la tromperie, les sacrilèges, et les tristes sortilèges des nuits noires. Elle exagère, oh Coco, Coco qui voudrait être la seule pour tous, l'unique, qui voudrait écrire son nom sur les cœurs, le marquer au fer rouge, les garder, Coco qui voudrait être la seule étoile au firmament. La meilleure, la voulu, la rêvée. Si tel est ton souhait, je peux t'aider. Et ca tournait en boucle dans son esprit volatile, dans son esprit pétillant et tordu.

▬ Être plus désagréable. Est ce humainement possible?

Coco.
Elle qui tissait l'ennuie du bout des cils. Elle qui s'en enveloppait comme d'un linceul terrible, fière de sa mauvaise réputation comme des couronnes de fleurs perlées qu'elle aurait volé dans un cimetière. Coco, et ses longues boucles blondes qui cascade jusqu'au creux de son dos, aussi racée et inconsciente qu'un requin qui fend l'eau. Les femmes comme ça avait un rien de fascinant, un petit "je ne sais trop quoi" qui venait captiver les sens. L'amour de l'interdit et la passion des choses honnies. Quelles étaient elles, ces jeunes filles hautement toxiques? Vers quel abîme intérieur leur regards indéchiffrables ouvraient-ils? Celles qui flétrissent votre peau du bout des doigts, qui la ronge jusqu'à la moelle, à coup de soupir, à coup de regard? Elles avaient le coeur comme un essaim. Etreinte mortel qu'on jurerait providentiel. Ces femmes là ne pouvaient rien d'offrir de stable, rien de continuel car tout chez elles était éphémère. Parce qu'elles s'étaient égarées quelque part en elle même. Parce qu'elle s'y étaient perdues à l'amour et à la haine. S'aimaient-elles seulement elles même? Hein Hara, est ce que tu t'aimes? Ou est ce que tu te détestes? A ne pas pouvoir être solide, pleinement tangible. A juste pouvoir paraitre sous les hautes lumières. A quoi s'acharner n'est ce pas? Lorsque même jouer son propre rôle devenait vain.

▬ Tu me diras que la frustration a parfois cet effet là.

Il était presque palpable tout autour d'elle, cet agacement rentré qu'Hara s'efforçait de contrôler. C'était une chose commune aux demoiselles de sa maisonnée: le contrôle, l'apparence, la constance. Mademoiselle préférait feindre là où Coco n'était qu'impulsion et explosion. Là où mademoiselle Hogan ne se privait pas pour pleinement exprimer le fond de sa pensée. Les mots, elle n'avait pas besoin de réfléchir pour les manier, ils quittaient ses lèvres comme ils naissaient dans ses pensées. Les conséquences de ses propos ne la préoccupait guère. Coco, on l'aimait ou on la détestait. On l'admirait comme on la méprisait. En soit, coco chérie sait se faire aimer et s'en fiche de se faire détester car elle continue à être le centre du monde. De son monde. Et c'était là la seule chose qui comptait. L'équilibre de son univers, son palais personnel où tout les fondations reposait sur la solidité de ses seules ambitions. Un soupir, et le mégot brûlant vient mourir, blottit entre ses lèvres.
Coco les écarta pour le laisser tomber à terre.

▬ Sur ce.

Elle lui avait accordé la vie d'une cigarette, le gage semblait honnête. Agitant sa main en direction de la demoiselle, Coco se détourna secouant ses boucles blondes, les pensées à nouveau parasité par de nouveaux mécanismes. Loin, bien loin de la présence de sa presque adversaire. Coco repartait à la conquête de la paix. Coco désirait à nouveau étreindre l'éphémère.

▬ Tâche de ne pas prendre froid sweetie.

Il serait vraiment regrettable que tu te brises comme une brindille.

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MessageSujet: Re: rain song ϟ hara   Sam 5 Aoû - 16:39
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featuring. hogan coco


tenue + Elle avait besoin de nouvelles manières pour s’occuper tous les jours, pour laisser le flot de ses pensées couler sur un cerveau délavé. Il fallait user de ce temps, elle en avait tellement sur les bras, reposant perché sur ses épaules. Il fallait perdre ce temps, le laisser ruisseler un peu partout à chacun de ses pas et se laisser glisser dessus, perdre l’équilibre et s’écraser dans ce temps. Terrible temps. Hara détestait les montres, voir les aiguilles tourner incessamment de ce rythme tantôt soutenu tantôt lent. Elle détestait ça…pourtant elle les observait sans cesse, du coin de l’œil, se rappelant qu’à chaque fois ça approchait en elle, ça s’agrandissait cette anesthésie constante la protégeant du monde extérieur. Ce même chaos se nourrissant de sa propre chair, de son propre sang, elle le gardait en son sein, rond et potelé, comme un nourrisson sous un ventre…Elle y était reliée par un cordon qu’elle ne pouvait couper. Il fallait bien l’enfanter un jour ou l’autre ce néant, le montrer à tous les regards…il allait arriver, en des douleurs interminables, il allait la faire hurler, lui exploser les os et lui déchirer les membres. Ce vide…il allait crier aussi à son tour, réveillant les silhouettes autour d’elle, leur faisant remarquer que rien n’allait en vérité. Que la Moon n’était pas celle qu’elle prétendait être, qu’elle avait un petit problème qui grandissait. Elle se perçait les tympans pour ne pas l’écouter, s’engorgeait d’alcool pour le détruire de l’intérieur…que le feu de la liqueur condamne la bête reposant dans ses viscères. Et Hara l’avait créée toute seule, elle n’appelait plus sa mère lorsque la nuit tombait puisque cela ne servait à rien, son nom ne résonnait plus à ses oreilles, elle était bien trop loin. Bien trop occupée à rire aux bras d’un homme différent chaque soir, à crouler sous les cadeaux et l’argent qu’elle dérobait, une main de velours assassin. La petite famille qu’elles constituaient, depuis qu’elle avait placé son fils dans un établissement semant la solitude, connaissait bien les secrets mais n’en parlait jamais. On faisait abstraction comme on pouvait dépoussiérer un bel objet, ça encombrait l’intérieur, recouvrant d’une fine couche de saleté tout ce qui s’y trouvait. On pouvait bien nettoyer, astiquer, encore et encore sans jamais cesser, la poussière revenait, éternellement. Aussi avions-nous cessé de laver tous les jours, on faisait avec et vivait ainsi. Avec l’épouvantable conscience de faire quelque-chose de mal.
Le crayon s’alourdissait entre ses doigts, suivant de sa pointe la trace des ruines de ses croquis. Elle n’écoutait plus vraiment Coco, le flux de ses paroles flottant autour de sa tête sans qu’elle ne puisse réellement se rappeler de ses mots. Elle les comprenait bien, comme elle comprenait ceux qu’elle laissait sortir de la télévision, mais n’arrivait pas vraiment à les attraper au vol. A les examiner, à les mémoriser, à communiquer avec, elle était simplement plongée dans une torpeur qui embourbait son esprit. Elle ne remarqua même pas que le calme était revenu, dos à la jeune française. Toute son énergie était coincée dans une espèce de tourbillon féroce ravageant son crâne…il y avait ce travail qui n’avait aucun sens, l’embarras de son accoutrement mouillé, et puis ce temps encore et toujours qui s’écoulait. Elle ne savait pas véritablement quelle heure il était précisément, elle semblait être perdue dans un bataillon de nombres et de chiffres, de secondes et minutes qui se chevauchaient continuellement. Souhaitant répondre à sa propre question elle sortit son téléphone portable, qui bien évidemment, n’avait plus de batterie. Un soupir transperça ses lèvres, et son front tomba brutalement contre ses bras croisés. A croire que l’univers entier avait décidé de la prendre en victime. Supprimant un grognement assassin qu’elle sentait venir, elle releva sa tête pour négocier l’ampleur des dégâts. C’était peut-être faisable…en une nuit, elle réussirait peut-être à rattraper l’erreur de la fatalité. Mais elle n’avait rien, plus aucunes mesures, plus aucune idée, drainée de sa volonté elle balançait des images hasardeuses contre son cerveau en bouillie. Et la pensée qui traversa sa cervelle lui inspira du dégout, ou plutôt de la résignation. Hara était perfectionniste, souvent bien trop dure avec soi-même et les autres, aussi ne pouvait-elle pas rendre d’affreuses choses à son professeur. Inspirant, elle se tissa un joli sourire pour parfaire un minois attendrissant et aimable. « Hogan ? » sa voix résonna dans le lieu dans un scintillement, un ton plus haut, quasi-innocent. « Peux-tu descendre m’aider s’il-te-plait ? » c’était ça le plan : être réduite à demander la charité. « Je te paierai 5 wons de l’heure… » se mordant la lèvre inférieure, elle pria au ciel que Coco soit clémente envers sa personne et n’agace pas son humeur déjà terrible.

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rain song ϟ hara
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